UBC et NFC Bank: Le gouvernement trace la voie de la performance
À travers des contrats d’objectifs et de performance signés le 11 juin dernier à Yaoundé avec les deux banques, l’État entend transformer leur redressement financier en résultats durables, en les soumettant désormais à des exigences de gouvernance et de rentabilité.
Le constat est clair. Le gouvernement veut désormais mesurer l’efficacité de son intervention dans le secteur bancaire à l’aune des résultats. En signant, le 11 juin à Yaoundé, des contrats d’objectifs et de performance avec UBC et NFC Bank, le ministère des Finances a fixé une feuille de route précise aux deux établissements financiers, récemment sortis d’une longue période d’administration provisoire. L’ambition affichée est de consolider leur redressement tout en garantissant leur contribution à la stabilité du système bancaire national.
Les engagements contenus dans ces contrats s’articulent autour de cinq axes prioritaires. Le premier concerne le renforcement de l’activité commerciale. Les deux banques sont appelées à accroître leur capacité de mobilisation de l’épargne, à élargir leur portefeuille de clients et à renforcer leur présence sur le marché. Le deuxième axe vise l’amélioration de la qualité du portefeuille de crédits, avec pour objectif de réduire le volume des créances douteuses qui a longtemps fragilisé leur équilibre financier.
Le troisième pilier porte sur la maîtrise des risques. Dans un contexte où les exigences prudentielles se renforcent dans la sous-région, les autorités attendent des deux établissements qu’ils mettent en place des mécanismes plus efficaces de gestion et de contrôle des risques. Le quatrième axe concerne le renforcement de la gouvernance. Les dirigeants sont désormais tenus de respecter des standards plus élevés en matière de transparence, de responsabilité et de contrôle interne. Enfin, le cinquième objectif est le rétablissement durable de la situation financière des deux banques, condition essentielle pour assurer leur rentabilité et leur pérennité.
Pour le ministre des Finances, Louis Paul Motaze, ces contrats constituent un instrument de pilotage destiné à évaluer de manière objective les performances des deux établissements. Ils reposent sur des indicateurs précis qui permettront d’apprécier les progrès réalisés et d’orienter les décisions futures de l’actionnaire public.
Cette nouvelle étape intervient au lendemain de la levée officielle de l’administration provisoire de NFC Bank et d’UBC par la Commission bancaire de l’Afrique centrale (COBAC). À l’époque, les deux établissements figuraient parmi les maillons les plus fragiles du paysage bancaire camerounais. L’accumulation de créances compromises, les insuffisances de gouvernance et la dégradation des indicateurs prudentiels avaient conduit le régulateur bancaire à placer les banques sous administration provisoire afin d’éviter une crise susceptible de se propager à l’ensemble du secteur.
Face à cette situation, l’État avait engagé une vaste opération de recapitalisation et de restructuration. Selon des sources proches du dossier, près de 40 milliards de FCFA ont été mobilisés pour restaurer la solvabilité des deux établissements et préserver les dépôts des clients.
Toutefois, les autorités assurent que cette prise de participation n’a jamais eu vocation à s’inscrire dans la durée. L’objectif consistait avant tout à stabiliser les deux banques et à créer les conditions de leur retour à une gestion normale.
Pour les deux banques, le défi est désormais de transformer les acquis de la restructuration en performances durables.
Par Julien Efila

