Hydrocarbures: La CSPH affiche un bénéfice de 7,1 milliards de FCFA en 2025
Réuni le 24 juin 2026 à Yaoundé, le Conseil d’Administration de la Caisse de Stabilisation des Prix des Hydrocarbures (CSPH) a approuvé les comptes de l’exercice 2025, marquant un bénéfice net en recul par rapport aux 12,90 milliards de 2024.
L’exercice 2025 s’achève sur une note positive pour la Caisse de Stabilisation des Prix des Hydrocarbures (CSPH), bien que beaucoup moins flamboyante que la précédente. Avec des produits globaux de 99,29 milliards de FCFA et des charges maîtrisées à 92,16 milliards, la CSPH dégage un bénéfice net de 7,13 milliards de FCFA. Ce fléchissement de 44,7 % s’explique par le repli des produits globaux (-5,4 %), passés de 105,01 milliards de FCFA en 2024 à 99,29 milliards en 2025, alors que les charges globales sont restées rigoureusement identiques (92,16 milliards de FCFA). Signe de résilience, sa situation patrimoniale nette s’est néanmoins renforcée, grimpant à 170,28 milliards de FCFA (+7,7 %).
Ce recul financier s’explique par un paradoxe : à l’échelle internationale, la baisse des cours du brut et du dollar a allégé le coût des importations. Mais localement, la consommation a explosé. La demande en carburants a progressé de 4 % et celle du gaz domestique a bondi de 13 %. Face à ce boom, la CSPH a pleinement joué son rôle de régulateur en prenant à sa charge exclusive 48,96 milliards de FCFA pour subventionner le gaz et bloquer les prix en faveur des ménages.
Conséquences et perspectives : l’heure de la rigueur
Cette chute de près de la moitié du bénéfice net n’est pas neutre et engendre des conséquences immédiates. Elle réduit d’abord la marge de manœuvre financière de la Caisse, rapetissant le « matelas » de sécurité nécessaire pour amortir d’éventuels chocs pétroliers futurs. De plus, le modèle frôle son point de rupture : avec une enveloppe de subvention du gaz de près de 49 milliards, le faible bénéfice résiduel de 7,13 milliards montre que le système de péréquation flirte avec un équilibre précaire.
Face à ces signaux, les perspectives imposent une nouvelle feuille de route à la direction générale, invitée par le Conseil à « poursuivre les efforts d’optimisation des revenus et de maîtrise des charges ». La priorité à court terme sera la chasse au gaspillage et la compression des coûts de fonctionnement interne.
À moyen terme, devant une demande de gaz qui s’accélère (+13 % après +12 % en 2024), la CSPH devra optimiser ses mécanismes de recouvrement des taxes pétrolières pour maximiser ses recettes. Cette trajectoire pourrait aussi accélérer une réflexion nationale sur le ciblage des subventions, afin de garantir la pérennité de ce modèle de régulation unique au bénéfice de l’économie camerounaise.
Pour comprendre ce bilan, il faut rappeler le fonctionnement de la CSPH, basé sur le mécanisme de la péréquation constante. Lorsque les cours mondiaux du brut sont bas, l’organisme engrange des excédents. Ces ressources sont mobilisées lorsque les prix internationaux flambent, permettant de subventionner les produits raffinés et le gaz domestique. Ce système amortisseur évite la répercussion de la volatilité des marchés mondiaux sur le pouvoir d’achat, garantissant des prix stables et uniques sur tout le territoire national.
Cependant, le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque Mondiale maintiennent une ligne stricte à l’égard du Cameroun, exigeant l’abandon progressif des subventions aux carburants terrestres, qu’ils jugent régressives et budgétivores. Pour l’État, le coût de ce soutien à la pompe reste colossal, engloutissant régulièrement des centaines de milliards de FCFA chaque année (plus de 640 milliards au plus fort de la crise). Pour les institutions de Bretton Woods, ces fonds publics massifs seraient plus utiles s’ils étaient réorientés vers les investissements productifs (infrastructures, santé, éducation). Une pression extérieure qui complique la mission de la CSPH, prise en étau entre la rigueur budgétaire internationale et l’impératif de paix sociale nationale

