Ibrahima Haman, Responsable de la Communication à EDC: « Nous nous attendons à des investisseurs »
La 10e édition de Promote bat son plein au Palais des congrès de Yaoundé depuis le 12 juin 2026. Sur le site, plusieurs entreprises nationales et internationales, les PME exposent dans divers domaines pour attirer des investisseurs, partenaires et même des curieux qui viennent visiter des stands. À cet effet, le journal Expression Économique est allé à la rencontre D’Ibrahim Haman, Responsable Communication à Electricity Development Corporation (EDC), pour comprendre les objectifs, les solutions, les attentes de l’entreprise et ses réalisations durant ses 20 ans d’existence.
EDC est une fois de plus encore présent au 10e salon Promote qui est un grand rendez-vous des affaires en Afrique Centrale. Quels sont les objectifs de Electricity Development Corporation à cet évènement cette année 2026 ?
Merci pour l’opportunité que vous nous donnez. Les principaux objectifs d’EDC à Promote 2026 est de présenter au public camerounais les réalisations d’il y a 20 ans parce que l’entreprise fête son vingtième anniversaire cette année. Nous allons présenter au public nos réalisations, notamment les barrages de Lom Pangar et Memve’ele, les projets de stations du réseau électrique, l’usine de pied d’électrification rurale, les plans de gestion environnementale, bref tout ce que nous avons réalisé. C’est pourquoi à ce 10e Promote, l’occasion nous est donnée de présenter les nouveaux projets d’EDC, à l’instar des projets hydroélectriques et solaires de Mbakaou visant à construire dans l’Adamaoua un complexe hydro solaire de 400 Mégawatts pour augmenter l’offre énergétique et accélérer le développement économique au Cameroun et satisfaire les demandes industrielles futures. Comme je l’ai dit précédemment, le projet Mbakaou est localisé dans le département du Djérem, région de l’Adamaoua, c’est un important projet que nous présentons au public à Promote. C’est également le cas du projet Memve’ele 2 qui consiste à faire un réservoir en amont du fleuve Ntem, sans oublier la centrale solaire de Memve’ele de 50 Mégawatts que nous sommes venus présenter au public.
EDC est un acteur central du secteur de l’électricité au Cameroun, notamment dans la gestion du patrimoine, la régulation des cours d’eau et dans la production. Comment se décline concrètement l’offre commerciale d’EDC aujourd’hui pour soutenir les entreprises et les industries ?
EDC fait principalement dans l’hydroélectricité et l’énergie renouvelable comme le solaire. L’entreprise développe aujourd’hui des nouveaux projets, pour apporter aux consommateurs ou aux industries, une énergie à coût abordable. Avec le projet Mbakaou que nous sommes en train de mettre en place, nous aurons des coûts du Kilowatt très compétitifs qui vont permettre aux industries d’avoir accès à une énergie moins chère, car c’est important pour les investisseurs et garantir une énergie de qualité. Nous avons donc Lom Pangar, Memve’ele et pouvons vendre cette énergie produite soit à SOCADEL qui récupère pour la distribution, soit aux partenaires qui consomment directement de l’énergie venant de nos barrages. Mais en tant que gestionnaire de l’eau, nous avons comme partenaire la Nachtigal Hydro Power Company (NHPC), qui consomme de l’eau venant de Lom Pangar, tout comme SOCADEL à travers le barrage de Song-loulou à Edéa qui profite des différentes eaux issues de nos barrages réservoirs.
Promote est le carrefour des partenariats. Quels profils d’investisseurs ou de partenariats locaux ou internationaux EDC cible prioritaire durant ces quelques jours ?
À Promote 2026, nous allons rencontrer des partenaires à l’exemple des grandes industries énergivores qui sont intéressées par l’énergie à prix compétitifs que nous mettons à leur disposition. Nous sommes aussi intéressés par des investisseurs, parce que les projets que j’ai énumérés plus tôt nécessitent de gros investissements. Pour cela, il faut des partenaires fiables, capables de nous accompagner dans la réalisation de ces projets. Outre les projets précédemment énumérés, il y a également un nouveau barrage réservoir en gestation qui est celui de Pont-Rail qui vise à augmenter le volume d’eau que nous avons pour réguler le débit de la Sanaga. Nous nous attendons à des investisseurs aux profils variés capables d’accompagner des projets d’envergure avec par exemple de nouveaux développeurs de barrages sur le fleuve Sanaga et puisque nous sommes gestionnaires de l’eau, ils peuvent être futurs partenaires.
Quels types de contrats ou de collaboration B2B EDC est-elle prête à nouer sur le salon Promote en termes de partenariat Public-Privé et de fournitures de services techniques etc. ?
Ibrahima Haman : Si l’on prend l’exemple du projet Mbakaou, il y a plusieurs composantes. Nous avons en amont une usine de 54 Mégawatts au pied du barrage. Cette réalisation peut se faire dans le cadre du partenariat public-privé. Il peut avoir des partenaires qui viennent nous accompagner parce qu’aujourd’hui, les grands projets énergétiques coûtent chers. De ce fait, l’État seul ne peut pas supporter les coûts, tout comme on ne peut pas faire tous les projets à maitrise d’ouvrage public. Dans ce cas on peut avoir des partenaires privés qui ont confiance à EDC et qu’ensemble nous pouvons financer à termes certains projets gagnant-gagnant. Ces peuvent varier en fonction des types de projets que nous avons et selon les discussions que nous aurons avec les partenaires à l’avenir.
En tant que Responsable de la Communication, quels arguments clés utilisés-vous pour convaincre un investisseur étranger de s’associer aux projets énergétiques d’EDC au Cameroun ?
Il faut dire en réalité que nous n’avons pas besoin d’arguments forts pour convaincre un investisseur local ou international pour la simple raison que nos réalisations parlent déjà pour nous. Nous venons d’achever Lom Pangar il y a plus de dix ans, et c’est un barrage qui fonctionne à merveille tout comme celui de Memve’ele. Nous avons déjà un passé qui parle pour EDC. La plupart des partenaires connaissent les compétences de EDC et vous savez que nous avons réalisé le barrage de Lom- Pangar avec une multitude de bayeurs de fonds à l’instar de la Banque mondiale, la BAD, la BDEAC, la BEI, l’AFD, toutes ces banques là nous ont accompagné. Ça veut dire que nous sommes une entreprise qui a des compétences techniques, environnementales, humaine pour réaliser tous ces grands projets. Les partenaires doivent comprendre qu’EDC est l’ingénieur de l’État en matière énergétique et la majorité des projets que nous soumettons aux partenaires financiers ou aux bailleurs de fonds, c’est des projets matures et bancables. Car à EDC aujourd’hui nous avons l’expertise de faire ce genre de projets.
Quels sont les grands défis techniques et commerciaux que la direction de EDC compte relever d’ici la fin d’année si l’on se projette après Promote 2026 ?
Pour ce qui est des défis techniques, EDC entend réaliser de nouveaux ouvrages. C’est pourquoi nous travaillons sur le projet Mbakaou afin d’accroître l’offre énergétique tout simplement parce qu’on ne peut pas vendre ce qu’on n’a pas.
Avez-vous un dernier mot ou un appel à l’endroit des opérateurs économiques et porteurs de projets qui visitent stand EDC à Promote cette année ?
Je pense que Promote est un salon de rencontre avec des partenaires, et EDC reste ouvert au dialogue et aux échanges avec des partenaires qui sont prêt à accompagner des grands projets au Cameroun. EDC justifie d’une crédibilité solide et d’une expérience avérée en matière de conception, de maturation et de réalisation des projets d’envergure dans le secteur de l’électricité et de l’énergie renouvelable. Tous ces partenaires sont les bienvenus et s’il y en a parmi eux ceux qui sont sérieux et crédible, EDC est disposé et le Directeur général va recevoir tous les investisseurs qui sont prêt à accompagner le Cameroun.
Entretien mené par Arnaud Joseph Etoundi

